Comme nous l’avons annoncé dans le courant du premier semestre 2018, VOCATIO, notre test d’orientation professionnelle (dit aussi « inventaire d’intérêts professionnels), a été mis à disposition des offices d’orientation de Suisse afin de soutenir la démarche des psychologues conseillers en orientation.

Ayant eu l’occasion de beaucoup « prêcher » pour VOCATIO ces derniers mois auprès de nombreuses personnes actives dans le conseil, le coaching, l’outplacement et autres bilans, je me suis rendu compte qu’il subsistait des questions vis-à-vis de ce type d’outil. Petit florilège d’interrogations, inquiétudes et remarques les plus courantes, avec leurs réponses.

« Qu’est-ce qu’un test d’intérêts professionnels ? »

Un test d’intérêts vise à mieux cerner les motivations d’une personnes à travailler dans divers domaines professionnels. Il cherche à établir une sorte de cartographie des milieux (fonctions, domaines) qui pourraient plaire le plus à la personne. Par exemple, un test d’orientation peut vous suggérer de vous lancer dans le domaine général de la vente. Mais certains tests, tels que VOCATIO, vont plus loin et proposent aussi un lien entre les intérêts du répondant et les professions. De fait, il affichera non seulement le domaine de la vente, mais suggérera également d’étudier la possibilité de suivre une formation de Gestionnaire du commerce de détails ou encore de Spécialiste de vente.

La passation d’un test d’intérêts professionnels est particulièrement indiquée lors d’une première orientation, mais tout autant à chaque fois que l’on se pose des questions de fond relatives à son avenir professionnel : réorientation, reclassement professionnel, etc.

« Quelle différence entre un test d’intérêts (tel que VOCATIO) et le PerformanSe, le SIGMUND, le MBTI, le Wave, l’AEC Disc, le PAPI, ou encore l’Insights Discovery ? »

Les tests mentionnés ci-dessus sont des tests de personnalité populaires et souvent utilisés dans le monde professionnel. Ils visent à décrire des tendances comportementales, des habitudes et des facilités (et difficultés). En décrivant des attitudes ils ne mesurent pas des motivations – bien que plusieurs de ces tests peuvent en extrapoler certaines sur la base de la personnalité. Mais ces outils ne sont pas adaptés ni prévus pour aider à rapidement cerner les domaines professionnels et les métiers les plus proches des intérêts du répondant. De manière générale, il est assez hasardeux de fonder un projet professionnel sur la personnalité seule : il n’existe en effet pas une seule personnalité faite pour un métier, et les motivations extrapolées sur la base de la personnalité sont souvent trop vagues pour être réellement utilisables comme base d’un projet.

« Pourquoi certains domaines professionnels ressortent de mes résultats de test alors qu’ils ne m’intéressent pas ? »

Il y a plusieurs réponses possibles à cette question et cela dépend grandement de l’outil utilisé. Parmi les causes possibles, on peut citer ce qui suit :

  • si vos résultats sont comparés à une norme statistique, il est possible que certains domaines professionnels ressortent comme étant plus intéressants qu’ils ne le sont réellement simplement parce que vous les rejetez un peu moins que la moyenne des personnes qui passent ce test ;
  • si vos résultats ne sont pas comparés à une norme, il est possible que l’attractivité de certaines propositions dudit domaine ait été plus importante que d’autres propositions liées à d’autres domaines ; se pose ici la question de la pertinence du choix des items (donc les « questions » posées dans le test) ou de votre manière de les interpréter ;
  • peut-être y avez-vous répond « à l’envers » (vous avez dit aimer certaines propositions alors que vous vouliez signifier le contraire) ? A vérifier ;
  • peut-être parce que le test passé ne vous convenait pas – c’est-à-dire que la forme, la méthode et/ou le contenu ne vous a pas permis de vous positionner de manière pertinente ;
  • peut-être parce que le test a révélé un intérêt caché dont vous n’aviez pas conscience et qui mérite de s’y arrêter ?

Voyez-le positivement : l’outil vous a permis de vous confronter à vos intérêts ou de vous interroger sur un sujet que vous n’auriez peut-être pas abordé avant. Même si vous trouvez certains de vos résultats étranges, au moins vous avez matière à vous positionner, et cela seul est déjà positif.

« Votre outil vend du rêve et donne l’impression que tout le monde peut pratiquer n’importe quel métier ! »

Comme tout outil, un test d’orientation peut-être bien ou mal utilisé. En temps normal, il doit s’insérer dans une démarche plus complète que sa seule passation et restitution. Comme mentionné à la première question, un test d’orientation révèle les intérêts professionnels (et non professionnels), mais il ne nous dit rien sur les aptitudes de la personne à mener à bien un projet de formation, ni sur les ressources financières dont elle dispose pour envisager une transition de carrière, ni même si la ou les professions choisies constituent un choix raisonnable et durable la concernant.

Qu’on se rassure donc : il y a encore beaucoup de travail après la passation d’un tel inventaire pour l’accompagnant, qu’il soit psychologue, conseiller ou coach. Le tout est d’être au clair sur ce que l’outil offre et n’offre pas, et d’avertir les clients des écueils possibles. Complété correctement, ce genre de test permet de mettre le doigt sur ce qui intéresse dans l’absolu, mais cette première étape doit être suivie d’une analyse plus rationnelle de ce qu’il est possible ou non de mettre de mettre en œuvre. Il ouvre de fait des perspectives et des pistes qui n’étaient pas envisagées sans sa passation. Beaucoup d’entre elles seront certes abandonnées ou reléguées à la vie extraprofessionnelle, mais – qui sait ? – d’autres peuvent servir de base à des projets concrets et réalistes.

« Comment utiliser au mieux VOCATIO ? »

Le mieux est de suivre la formation ad hoc pour le savoir, mais j’ai également envie d’ajouter que cela dépend du contexte d’utilisation de VOCATIO.

Comme mentionné précédemment, VOCATIO se place idéalement au début de la consultation d’orientation ou réorientation, et marque le démarrage de la phase d’exploration d’un bilan de compétences. Il est utilisé comme tremplin vers des possibilités professionnelles à découvrir, écarter ou accepter. Dans tous les cas, il faudra se rappeler que le test d’orientation ne constitue qu’un premier pas vers la définition d’un projet, et jamais la finalité.

Les tests d’orientation ne sont pas aussi populaires que les tests de personnalité. Bien qu’ils soient moins chers à la passation, ils sont en revanche souvent plus coûteux à maintenir et mettre à jour en raison des modifications profondes dans l’économie dont ils doivent tenir compte, année après année – ou au minimum : décennie après décennie. Pour autant, ils sont irremplaçables dès lors qu’on cherche à accompagner des individus en interrogation quant à leur avenir professionnel…